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Instinct voyageur

Contaminé par le virus le plus agréable qui existe...

Voyage sur terre = voyage galère

Publié le 7 Juillet 2022 par Julien

C'est parti donc pour un week-end qui s'annonce compliqué. J'ai trouvé un taxi-brousse pour quitter Morondava vers Belo-sur-Tsibirina. Le rendez-vous pour le départ est à 11h00 et on part à 12h10. Jusque là rien d'incroyable. La distance n'est pas spécialement grande mais le voyage est long et comme toujours le confort n'est pas au rendez vous. 
On arrive finalement au bord de la rivière Tsibirina à la fin de la journée et on traverse en bateau jusqu'à Belo au soleil couchant. 


Le lendemain, je réussi à m'incruster dans un véhicule qui part pour Bekopaka. C'est un 4x4 qui normalement peut contenir 8 passagers. A Madagascar, on réussi à caler 10 adultes et 2 enfants... Rendez-vous pour un départ à 12h et nous partons à 13h40. Nous arrivons donc au porte de Bekopaka encore une fois à la fin de la journée et nous traversons à nouveau le cours d'eau pendant le coucher de soleil. 


Le jour suivant, je visite le parc national pour lequel j'ai souhaité faire ce voyage terrestre : les Tsingy de Bemaraha. Le passage de l'eau ici à creusé la roche calcaire d'une façon remarquable. Le fleuve a ouvert un canyon somptueux d'une part. 


D'autre part, l'océan pendant le Crétacé arrivait jusque là. En se retirant, il a produit ces formations karstiques qui caractérise les "Tsingy". En langue locale, ce sont les lambeaux de roches érodés en pointe. 


Le lundi, j'espère pouvoir quitter Bekopaka mais il n'y a pas de départ ni de passage prévu aujourd'hui. Je tente de faire du stop mais absolument aucun véhicule ne quitte le village. Finalement, vers 17h un homme vient me chercher dans ma chambre. Il me demande si c'est moi l'étranger qui souhaite partir vers le Nord. C'est bien moi! Je saute alors dans un mini camion-brousse. Nous somme tassés à l'arrière : 11 adultes, 4 enfants et les bagages dans un espace ou on devrait être maximum 8 pour être à l'aise... 


Cette fois donc, nous démarrons le voyage à crépuscule. Ce n'est pas dans mes habitudes de voyage ici mais je pars du principe que si des personnes voyagent à bord de ce véhicule (notamment des femmes, des enfants et une personne âgée) c'est qu'il n'y a pas de danger. 


Pourtant, après un peu plus de 2h de parcours, nous sommes arrêtés à dans un village par un barrage militaire. Il ne souhaite pas nous laisser passer avant le lendemain matin car selon lui la sécurité n'est pas assurée sur cette route pendant la nuit. Le chauffeur parlemente avec les militaires, puis forme un conciliabule avec les passagers et finalement un militaire se transforme en mercenaire pour nous. Il nous escorte jusqu'au village suivant où nous sommes abrités dans un bâtiment en dur et où nous allons passer la nuit. 


C'est l'occasion pour moi de sympathiser un peu avec certains passagers, notamment Bolo et Tindysoa, de jeunes malgaches qui parlent français.


On se lève le matin à 5h du matin pour arriver à Antsalova aux alentours de 9h30. La température est très fraiche au départ mais heureusement le soleil fait vite son job et on se réchauffe rapidement. 


Antsalova est encore un petit village et n'est pas ma destination finale pour ce périple. J'espère rejoindre Maintirano qui se situe environ 120 kilomètres plus loin... Mais aujourd'hui il n'y a pas de véhicule. On me dit qu'un camion va partir demain... Puis finalement qu'il partira après-demain, peut-être. Ou alors qu'il va y avoir voiture qui va faire le trajet Belo-Antsalova après demain et que peut-être le jour suivant elle va aller à Maintirano. Beaucoup trop de "peut-être" à mon goût... 


Jusqu'à présent, j'ai toujours rejeté l'option de voyage en motocross. Pour plusieurs raisons que je trouve assez bonnes. La première est bien sûr la sécurité : voyager sans casque sur de longues distance n'est pas très recommandé. La deuxième est le confort : je ne suis pas certain de pouvoir tenir la position sur plusieurs heures. La troisième enfin c'est le prix : un transport privé est évidement plus cher qu'un transport public. Mais bon, faute d'autre option je franchi finalement le pas. Et c'est parti pour 4h de moto dans la brousse...


Nous quittons le village vers 13h30 et nous sommes seuls au départ. Mais, après quelques minutes mon chauffeur reçoit un appel indiquant qu'une autre moto part d'Antsalova. On l'attend pour voyager en "caravane" de deux véhicules. A partir de là, on va manger de la poussière sans arrêt. Puisque visiblement c'était la tendance dans ce voyage, nous arrivons à destination en fin de journée et parcourons les derniers kilomètres en profitant du coucher de soleil. 


Ce fut un weekend assez éprouvant et même pour moi (qui ai une forte tolérance à l'aventure je crois) c'était un peu trop. Les paysages étaient incroyables et unique mais le voyage est tellement éprouvant que c'est difficile de les savourer pleinement. Je compte me reposer un peu et ne pas refaire ce genre de sortie de route de sitôt.  

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