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Instinct voyageur

Contaminé par le virus le plus agréable qui existe...

Premiers lémuriens et descente vers la mer

Publié le 23 Mai 2022 par Julien

Bon, jusqu'à présent j'ai principalement visité et décrit des villes et des villages mais en réalité ce qui m'a le plus attiré vers Madagascar c'est bien évidemment sa nature et sa biodiversité. Une visite de parc naturel semble donc une bonne option pour observer cela. 

Je pars donc en excursion au parc national de Ranomafana. C'est un parc assez grand qui comporte principalement de la forêt humide. Une grande partie du parc correspond à de la forêt secondaire mais il y a aussi un noyau de forêt primaire au coeur. 

Je visite ce parc avec Chantal, ma guide du jour. Elle me prévient que parfois on ne voit pas de lémuriens car nous faisons des observations d'animaux sauvages dans leur milieu naturel. Heureusement, cet avertissement n'est pas vérifié et nous voyons plusieurs petits groupes de Lémurien à front roux et de Lémurien à ventre roux. 

En dehors de ces petits singes, on voit aussi pas mal d'oiseaux et bien sur un nombre incalculable de plantes et arbres. Je me sens dans mon éléments ici et ça me rappelle mes excursion en forêt amazonienne.

Ensuite, je passe la nuit au charmant petit village du même nom : Ranomafana. C'est un endroit paisible ancré dans la montagne. Je mange là une soupe spéciale. On y retrouve des nouilles avec de la viande de zébu, des crevettes, un oeuf, des ravioles au porc et des oignons nouveaux. C'est bon et ça requinque après une journée de marche dans la forêt humide. 

Le lendemain je pars pour la petite ville de Mananjary. La route est bonne mais le taxi-brousse met tout de même 4h15 pour parcourir les 170km. Il s'arrête pour chaque passager au bord de la route avec son chargement respectif. La route est cependant très belle et se réchauffe peu à peu puisqu'on passe de 1000m au niveau de la mer. 

Mananjary est assez originale. Premièrement, elle est isolée puisqu'elle n'est située sur aucun axe majeur. Deuxièmement, en tant que ville de la côte est elle est régulièrement ravagée par les cyclones. Cette année notamment, Batsirai, le premier cyclone quand j'étais à la Réunion est arrivé ici et a détruit les constructions les plus précaires en bambou et toit de chaume. 

Galvanisé par l'idée de revoir la mer, je me rends rapidement sur la plage pour profiter du spectacle. Je déchante instantanément. Déchets de la ville et déchets rejetés par l'océan sont accumulés en petits tas que l'on fait brûler à petit feu. L'eau est d'une couleur maronnasse peu engageante. Au loin, j'observe à intervalle régulier des gens qui sont accroupi proche de l'eau. Je me dis que c'est une drôle de façon de profiter de la vue... Oui, je suis un peu long à la détente pour comprendre ce qui se trame ici... Lorsqu'enfin ça fait tilt, c'est trop tard, j'ai marché dedans. Faute de système de tout à l'égout digne de ce nom, les gens qui ont les maisons les plus proches de la plage se soulagent donc ici...

Heureusement, la plage n'est pas la seule chose à voir ici. Le canal des Pangalanes est une structure artificielle d'eau douce qui longe la côte sur plus de 100 kilomètres. Ce canal est utilisé pour transporter des marchandises et des gens d'une part mais aussi pour les usages de l'eau habituels des populations locales d'autre part : lessive, nettoyage des véhicules, pêche, alimentation des rizières... 

J'explore beaucoup cette bourgade et ses alentours. Les saluts habituels vont bon train mais ici je remarque une petite singularité. Ma théorie est que les habitants ont tout eu le même prof de français et que celui-ci ne maitrisait pas totalement la langue. Résultat : la plupart des personnes qui me saluent en français à Mananjary me disent "bonsoir" à toute heure de la journée. C'est assez amusant. 

En fin de matinée, alors que j'explore l'estuaire de la rivière Mananjary, je tombe sur une scène très mouvementé de la vie quotidienne. Alors que les femmes sont en train de terminer la lessive, les hommes rentrent de la pêche en pirogue. Le linge est étalé à même le sable ou sur l'herbe pour sécher. Pendant, ce séchage, les femmes commences à trier et nettoyer le poisson. Dans le même temps, les hommes démellent et plient les filets et sortent les embarcations de l'eau. 

En ce qui concerne la plage, je ne m'avoue pas vaincu. Je pars explorer un chemin au Nord de la ville. Celui-ci longe l'océan et sors totalement de la zone urbanisée. Rapidement, je me trouve sur une plage sauvage, beaucoup plus propre, où l'eau est d'une couleur "normale", sans teinte marron. Mais, surprise : l'eau est froide ! 
 

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