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Instinct voyageur

Contaminé par le virus le plus agréable qui existe...

Trek à Choquequirao

Publié par Julien

Le trek de Choquequirao est un parcours de 32 km qui mène à un site archéologique Inca. L'attrait de cette expédition est qu'il ne peut être fait qu'à pied. Cela implique donc 4 jours de marche et sélectionne fortement les aventuriers. Sur le papier donc, une aventure en nature avec peu de touristes. 


Avant même d'arriver au Pérou, on m'a évoqué ce nom et cela m'a donné très envie. Une fois débarqué à Cuzco j'en ai entendu parler encore et encore. Rapidement, j'ai su que j'irai.


Je me retrouve à faire cette randonnée lors de la semaine sainte puisque le jeudi et le vendredi sont fériés au Pérou. 


L'aventure commence avant même de partir puisque dans Cuzco je dois me procurer les équipements qui me manquent. J'achète une tente et un matelas auto-gonflant et je loue un petit camping-gaz et une casserole. En ce qui concerne la nourriture, je m'achète de quoi survivre 4 jours à raison de trois repas par jours (à haute valeur énergétique, pas forcement culinaire) : fruits secs, pâtes, flocons d'avoine, barres de céréales... 


Une fois mon paquetage complet je suis prêt à sauter dans le bus à 6h00 du matin. Après près de 4h de route, je suis déposé à Ramal de Cachora. Ce n'est pas le point de départ de la randonnée mais dans un souci d'économie je décide de descendre à pied jusqu'à Cachora. Cela me prend environ 1h15. C'est la dernière zone civilisée avant le départ du trek j'en profite donc pour déjeuner même s'il n'est que 11h. 


Après avoir mangé copieusement donc je pars sur le sentier mais dès le départ je prend un mauvais tournant. Il faut dire que la personne à qui j'ai demandé de l'aide m'a dit de tourner à droite en me montrant le côté gauche... Pas très probant comme technique. J'essaie tant bien que mal de me fier à mon instinct mais rapidement je constate que je fais fausse route. J'atterris dans un jardin où un petit garçon sort de chez lui pour m'expliquer que je ne suis pas sur la bonne route. Sans déconner?! Il m'explique comme retrouver le sentier de Choquequirao : continuer de descendre, traverser le pont de fortune sur le ruisseau, puis remonter jusqu'à la route. Ensuite se mère débarque et vient compléter les informations en précisant que le pont est sur la droite, mais elle m'indique la gauche... Cette fois-ci cela dit, pas de doute possible puisque le ruisseau est sur la gauche, à priori s'il y a un pont, il est là. 


Je descend donc, trouve le pont, traverse le ruisseau et remonte jusqu'à un sentier qui me semble utilisé. Je décide que ce doit être le sentier que je cherche et je repars donc sur cette piste. Rapidement, je longe un champ où des péruviens travaillent la terre. Ces paysans sont interpellés par ma présence et m'indique que je ne suis pas sur le bon chemin. Il m'invite à faire demi-tour et à remonter vers la route à l'intersection. Je m'exécute donc. Je remonte, trouve l'intersection, et atterri sur ce qui semble être la route. Une nouvelle fois, c'est une erreur. Je fini cette fois-ci dans une ferme à volaille où je dois une nouvelle fois demander ma route. La fermière me donne les indications et miracle : je fini par retrouver le sentier de Choquequirao.


J'évolue donc sur cette piste qui est carrossable jusqu'à l'entrée officielle dans le parc archéologique, soit environ une heure de marche plus tard. Ici, un mirador et ensuite c'est parti pour 3 heures de descente. Celle-ci est assez difficile par moment. En fin de descente, je sympathise avec un péruvien, Wilder, qui a récemment décidé de prendre le temps de voyager un peu dans son pays. J'arrive à la nuit tombante au campement de Chirisca à 1500 mètres d'altitude, près du ruisseau. Ici, il ne fait absolument pas froid. Après avoir expédié mon dîner, je tombe rapidement endormi malgré l'agitation qui règne ici. 


Au petit matin, sur les coups de 4h, les voyageurs qui sont venus en groupe organisés lèvent le camp dans un capharnaüm sans gène. J'attend qu'ils soient partis et vers 5h, comme de toutes façon je suis réveillé, je lève commence à m'agiter. Je lève le camp à 6h10. Sur la trentaine de tentes qu'il y avait la veille, je pars avant dernier du campement. 


Après une journée de descente, aujourd'hui est une journée de montée. Pendant, une demi-heure, je suis dans le dur dans cette ascension. Mais peu à peu je trouve mon rythme et mes muscles sont chaud ce qui me permet de grimper efficacement. La montée est longue (3h30) et éprouvante mais une fois arrivé au village de Marampata le profil de la piste change. 


En effet, entre Marampata et Choquequirao, on reste plus ou moins à flan de montagne où se succèdent les montées et les descentes. 


J'arrive au campement de Choquequirao peu avant midi. Je plante ma tente et fais une sieste d'une heure. Ayant récupéré un peu d'énergie, je prend mon déjeuner avant d'aller prendre ma douche. Froide. Et froide, c'est pas un petit peu froide, ou tiède. C'est froide. L'eau descend de la montagne et est conduite vers les douches. 


Ensuite, je monte sur le site archéologique à proprement parler. Il est divisé en plusieurs parties et je décide de commencer par la partie haute. Lorsque je foule enfin les temps convoitées terrasses Incas, il est près de 2h. Je me balade donc sur ce site en profitant des différents points de vues et miradors. En panne d'énergie, je remet au lendemain la partie basse du site. Sur le retour, je croise Wilder qui lui vient d'arriver. Après une brève conversation sur les efforts accomplis, nous partons chacun vers nos objectifs respectifs : lui le mirador, moi ma tente. 


Aujourd'hui, le campement est un peu plus feignant. Les premiers bruits se font entendre sur les coups de 6h. Je profite de ce réveil non programmé pour m'activer également. La nuit a été fraiche et pluvieuse et il tombe toujours un petit crachin lorsque je me lance dans l'exploration des ruines basses vers 7h. Ce secteur de Choquequirao est probablement très délaissé par les touristes (et par les services d'entretien). Que ce soit dans la descente, dans la montée ou sur le site, je ne croise aucun visiteur. Ici les terrasses ne sont pas tondues à ras et une petite jungle s'y développe.


Dans une partie des terrasses, des fouilles archéologiques sont en cours. 


Après la partie basse, je remonte sur la place principale pour aller sur l'autre versant. Surprise : la partie haute à la tête dans les nuages... On ne voit pas à 15 mètres. Je me félicite d'avoir visité ce secteur la veille, avec le soleil. 


Je descend donc sur l'autre versant et rapidement je me rend compte que je ne profiterai pas à 100% de ce secteur qui est également totalement ennuagé. Ici, les Incas ont "dessiné" des lamas qui pâturent sur les terrasses par un jeu de pierre de différentes couleurs. De près, on voit très bien, du mirador, on ne voit rien alors qu'on est censé voir tous les lamas d'un seul coup. 

Ainsi s'achève pour moi la visite du site archéologique que Choquequirao. Je repars dans l'autre sens et attaque donc la longue descente vers le cours d'eau. Une nouvelle fois, je croise Wilder avec qui j'échange quelques instants avant de me remettre en route. Aux alentours de 12h30, les nuages se dissipent et le soleil réchauffe agréablement l'atmosphère. 

La descente est aussi pénible est difficile que la montée. Avec le soleil qui arrose le sentier, je suis bien content de ne pas avoir à grimper à ce moment. 

Je campe un peu après la traversée de la rivière, où j'arrive peu avant la tombée de la nuit. 

Les premiers bruits de gamelles et de pliage de tente se font entendre vers 5h10. Je m'active un peu plus tard et reprend la montée vers la sortie un peu avant 7h. 

Certaines portions de la montée sont plutôt faciles, d'autre bien difficiles. J'ai dans les premières heures de très bonnes sensations. Vers 8h30, le soleil franchi la montagne à l'Est et arrose le versant que je suis en train de grimper. Dans le même temps, la pente se durcie.  Le résultat : je sue à grosses gouttes et bois des litres et des litres d'eau. 

Je suis de retour au mirador, 4 jours après, tout juste après 10h. Je prend ici un peu de repos. Un péruvien de 66 ans en termine également et je le félicite pour sa performance. Il m'invite à boire une bière et nous célébrons ensemble notre exploit de la semaine. 

Peu après, une tête connue en fini à son tour avec la montée : Wilder. Après de congratulations mutuelles nous nous séparons pour de bon en nous souhaitant de nous croiser à nouveau sur un sentier de randonnée. 

Ainsi s'achève cette aventure / randonnée / exploration / épreuve. A partir d'ici, je rentre à Cuzco à bord d'un taxi dans un premier temps puis d'un bus. J'arrive en ville à la tombée de la nuit bien fatigué mais avec des souvenirs plein la tête. 


Bilan 
Pour plein de raison différentes je suis très satisfait de ma petite virée à Choquequirao. Sur bien des points, la théorie vaut la pratique. En dehors de la randonnée qui est, il faut bien l'avouer, assez exigeante ; j'ai été bluffé par le site archéologique en lui même qui reflète une civilisation certes déchue mais au combien ingénieuse et inspirée. A titre personnel, d'un point de vue naturaliste, c'était un émerveillement de chaque instant. J'ai vu un nombre inimaginable de papillons, de passereaux et de colibris. J'ai même vu des condors et un bon gros lézard. En ce qui concerne la flore, même constat. Une excitation visuelle permanente par les différents faciès de végétation, les formes, les couleurs, les capacités à prendre racine n'importe où. 
Très clairement, je conseillerais aux personnes qui veulent en prendre plein les yeux de s'y rendre à condition d'avoir le temps, et la santé!